Le voyage en solo au féminin est en plein essor. Selon des données récentes de la plateforme Booking.com, les femmes représentaient déjà 72 % des voyageurs solos en 2023 — une proportion qui continue de croître. Pourtant, beaucoup hésitent à franchir le pas, freinées par les questions sécurité, la peur de la solitude ou simplement le sentiment que « ce n’est pas pour elles ». Toutes ces inquiétudes sont légitimes. Mais elles méritent d’être pesées face à ce que le voyage solo offre vraiment.
Pourquoi le voyage solo est une expérience à part entière
Voyager seule change profondément la façon dont on vit un voyage. On s’arrête là où on le décide, on repart sans négociation, on mange à l’heure qui nous convient, on lit pendant des heures si l’envie s’en présente. Mais surtout, seule, on est infiniment plus accessible. Les habitants locaux abordent plus facilement une voyageuse solo qu’un groupe. Les rencontres se font naturellement, les conversations s’engagent avec une facilité déconcertante. Le voyage solo est souvent le plus social des voyages.
Il est aussi un formidable révélateur de ressources personnelles. Résoudre seule un problème logistique, trouver son chemin dans une ville inconnue, choisir un restaurant au hasard et en être ravie — chaque petite victoire construit une confiance en soi que les voyages en groupe ne procurent pas de la même façon.
Choisir sa destination solo pour un premier voyage
Pour un premier voyage solo, certaines destinations sont plus accessibles que d’autres. Les critères à considérer : la sécurité générale pour les femmes voyageant seules, la facilité de communication (langue, panneaux en alphabet latin), la qualité des infrastructures touristiques et la densité d’autres voyageurs solos pour ne pas se sentir isolée.
Parmi les destinations réputées pour les femmes voyageant seules, on cite régulièrement le Portugal (Lisbonne, Porto), l’Islande (l’un des pays les plus sûrs du monde avec un indice de paix très élevé), le Japon (sécurisé, très organisé, et accueillant pour les voyageurs indépendants), ou encore les pays scandinaves. Pour une première fois, un pays voisin en train — l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas — permet de réduire le coût et la complexité logistique tout en testant l’expérience.
Les précautions pratiques à prendre
La sécurité du voyage solo commence avant le départ. Informez au moins une personne de votre itinéraire, du nom de vos hébergements et des dates de chaque étape. Partagez votre localisation avec un proche de confiance si vous partez dans une destination moins connue. Gardez une copie numérique et une copie papier de vos documents importants (passeport, assurance, billets).
Les auberges de jeunesse ont beaucoup évolué : beaucoup proposent aujourd’hui des dortoirs réservés aux femmes, des espaces communs conviviaux et une communauté de voyageurs solos idéale pour ne pas dîner seule le premier soir. Les plateformes de location d’appartements et les hôtels en chambre individuelle sont bien sûr d’autres options selon le budget.
Gérer la solitude et les moments difficiles
La solitude fait partie de l’expérience solo, et ce n’est pas la même chose que l’isolement. Elle peut être inconfortable les premiers jours, puis elle devient une présence familière et même reposante. Si un moment de cafard vous prend, ne forcez pas l’activité : un café, un livre, une vidéo de ses proches. Ces creux font partie du voyage et passent presque toujours.
Pour celles qui veulent le meilleur des deux mondes, des voyages en groupe spécialement conçus pour les femmes solos — avec un programme collectif mais des chambres individuelles — se développent depuis plusieurs années. C’est une belle porte d’entrée pour celles qui souhaitent un premier solo en plus grande sécurité affective.


